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07

Dec

J’ai pardonné des erreurs presque impardonnables, j’ai essayé de remplacer des personnes irremplaçables et oublié des personnes inoubliables.
J’ai agi par impulsion, j’ai été déçu par des gens que j’en croyais incapables, mais j’ai déçu des gens aussi.
J’ai tenu quelqu’un dans mes bras pour le protéger.
Je me suis fait des amis éternels.
J’ai ri quand il ne le fallait pas.
J’ai aimé et je l’ai été en retour, mais j’ai aussi été repoussé.
J’ai été aimé et je n’ai pas su aimer.
J’ai crié et sauté de tant de joies, j’ai vécu d’amour et fait des promesses éternelles, mais je me suis brisé le coeur, tant de fois!
J’ai pleuré en écoutant de la musique ou en regardant des photos.
J’ai téléphoné juste pour entendre une voix, je suis déjà tombé amoureux d’un sourire.
J’ai déjà cru mourir par tant de nostalgie.
J’ai eu peur de perdre quelqu’un de très spécial (que j’ai fini par perdre)………
Mais j’ai survécu!
Et je vis encore!
Et la vie, je ne m’en lasse pas …………
Et toi non plus tu ne devrais pas t’en lasser. Vis!!!
Ce qui est vraiment bon, c’est de se battre avec persuasion, embrasser la vie et vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant…..parce que le monde appartient à celui qui ose!
La vie est beaucoup trop belle pour être insignifiante!
Charlie Chaplin

13

Aug

Élections américaines 2012 : Point de vue à 3 mois des échéances







  • Obamacare, une victoire qui pourrait coûter cher au Président

La décision de la Cour Suprême en faveur d’Obama care est une victoire pour Barack Obama. Mais une victoire qui pourrait lui coûter  cher en novembre.

Le 28 juin,  la Cour Suprême des  Etats-Unis a approuvé par à 5 voix contre 4, la loi de santé votée par le Congrès voici deux ans, intitulée « Affordable Care Act » mais désignée dans les médias sous le nom d’ « Obamacare ». Au premier abord, ce vote constitue une grande victoire pour le président américain.  Mais à y regarder de plus près, c’est une victoire qu’il pourrait rapidement regretter.  Car paradoxalement cette décision ne favorise pas ses chances de réélection en novembre. Rappel des faits et explications.

Barack Obama a fait de la création d’une couverture santé universelle le grand combat de son mandat. C’est  une promesse de campagne. Il y voit une avancé sociale considérable. La conclusion d’un combat vieux de plus d’un demi-siècle pour l’égalité des chances devant la santé. La correction d’une grande injustice, qui fait honte à l’Amérique.  Car,  et les médias internationaux l’ont suffisamment répété,  en ce début de XXIe siècle, au cœur du pays le plus riche et le plus puissant du monde « 43 millions de personnes n’ont pas d’assurance santé » !

Ce chiffre de  « 43 millions » mérite quelques commentaires.  En matière de santé aux Etats-Unis, les idées reçues sont nombreuses. Les  mythes les plus invraisemblables circulent.   

Le système de santé américain est complexe et couteux.  C’est un système basé sur un partenariat public-privé. Il est géré de manière autonome par chacun des 50 Etats de l’Union.  Le gouvernement fédéral n’intervient que pour subventionner deux programmes  nationaux: « medicare » et « medicaid », créés par le président Lyndon Johnson en 1965 et dont la mise en place est laissée à la liberté des Etats.  « Medicare », garantit une couverture des soins de santé pour tous  les Américains de 65 ans et plus, ainsi que pour les personnes handicapées ; « Medicaid » fait à peu près la même chose pour les personnes les plus démunies. Medicare s’applique sans limitation de ressources.  Bien que multi-millionnaire, Mitt Romney, le candidat républicain à la Maison Blanche, qui vient d’avoir 65 ans, peut désormais en bénéficier.  Medicaid, par contre,  impose d’avoir des revenus inférieurs aux minimas nationaux.  Il donne la gratuité totale sur certains soins, alors que Medicare n’en couvre qu’une partie. En 2010, 48 millions d’Américains bénéficiaient de Medicare, et 45 millions de Medicaid, pour la moitié d’entre eux des enfants. 

Pour les autres la couverture santé dépend d’assurances privées.  Chacun choisit son fournisseur en fonction de ses besoins et de ses moyens, sachant que le plus souvent une couverture est proposée par l’employeur qui prend à sa charge une partie des cotisations. Un peu comme cela se passe en France avec les mutuelles.

Cette combinaison publique-privée laisse néanmoins un certains  nombres d’Américains  sans couverture santé !  Pas forcément ceux qu’on croit.  Contrairement à l’image véhiculée par certains médias ce ne sont pas les plus pauvres qui sont les laissés pour compte du système.   Ils sont couverts par Médicaid. A condition d’être citoyen américain ou résident légal. 

Les véritables laissés pour compte sont, d’abord,  les chômeurs ! Quel que soit leur niveau de revenu antérieur, Ils ont à payer l’intégralité des cotisations ce qui peut être considérable. Ce sont aussi les jeunes en situation instable. Ceux qui changent souvent de travail (il faut en général plusieurs mois de présence dans une entreprise pour pouvoir bénéficier de la couverture santé). Or aux Etats-Unis, pays qui a gardé un esprit pionnier  il est courant de vivre « d’une paye à l’autre » (« from paycheck to paycheck »). Au moins un temps. Ce sont également ceux dont les revenus sont trop élevés pour qu’ils bénéficient de Medicaid, mais pas assez pour qu’ils puissent se payer une assurance. Enfin les laissés pour compte sont ceux qui « choisissent » de l’être.  Nombre d’Américains, notamment les célibataires entre 18 et 45 ans refusent de prendre une assurance santé. Même quand ils en ont les moyens. Parce qu’ils estiment ne pas en avoir besoin.    

D’où un premier mythe à démasquer :  les « 43 millions d’Américains sans assurance » ne sont pas un groupe figé, dont l’existence entière se déroulerait en marge du système de santé, mais représentent l’agrégat de populations qui à un certain moment de l’existence et pour des raisons diverses, se retrouvent sans assurance. Il ne s’agit pas d’une classe « d’exclus », privés à tout jamais d’accès  à un système réservé  exclusivement aux  riches, comme certains ici veulent le faire croire…

Le système américain comporte néanmoins une perversité de taille : il s’agit d’un système mutualiste auquel ne contribuent que les personnes qui en ont un besoin immédiat, ce qui fragilise son financement et rend son coût plus élevé. La logique mutualiste qui voudrait que ceux qui vont bien payent pour ceux qui vont mal, ne peut pas fonctionner. Les participants cherchent à rejoindre le système à partir du moment où ils commencent à aller mal…

Deux autres facteurs majeurs contribuent  à l’inflation des coûts de santé.

Le premier est la qualité des soins. Le secteur de la santé est très concurrentiel comme n’importe quel autre secteur de l’économie américaine. La recherche et l’innovation y occupent une place importante. Les hôpitaux se disputent à coups de scanners, de machines sophistiquées,  et de médecins « nobélisés ». Tout cela se paye et in fine le coût en retombe sur le patient.   

 Le second est le coût de la litigation. Le droit des patients à poursuivre en justice leur médecin en cas de problème est tel que ceux-ci doivent prendre des assurances dont le prix est aussi inévitablement couvert,  in finé, par le patient… Quiconque s’est rendu chez un dentiste américain pour une simple carie sait que la consultation commence par une signature au bas d’un « waiver », un formulaire où l’on renonce à l’avance à tout recours en justice…

La réforme voulue par Barack Obama ne fait rien pour s’attaquer à ces deux derniers points. Elle se contente de corriger le déficit de mutualisation en rendant l’achat d’une assurance santé obligatoire.  C’est ce point précis qui a suscité les poursuites en justice et l’examen de la loi  par les neuf juges de la Cour Suprême. Car  cette « obligation d’achat » est considérée par les opposants à la loi comme inconstitutionnelle.  Il n’appartient pas au gouvernement fédéral d’imposer à un citoyen l’achat de quoi que ce soit. La Constitution autorise le Congrès, à  « réguler » le commerce,  pas à l’imposer.

La Cour Suprême  en a toutefois décidé autrement. 

Ce volet de la loi pourra donc entrer en vigueur  dès…2014 ! Et c’est là que le bât blesse !  Les opposants à Obamacare ont encore du temps pour agir. Il leur suffit de revenir sur le terrain législatif et de faire voter par le Congrès une nouvelle loi qui annule la précédente !  Donc il leur faut élire une majorité susceptible de soutenir un tel texte, et un président susceptible de le présenter. 

La décision de la Cour Suprême, motivée, au moins en partie, par le refus des juges de devenir les arbitres systématiques de la vie politique,  a pour conséquence, non de résoudre la question mais de la renvoyer sur le terrain législatif et donc électoral. C’est un appel indirect à la mobilisation des opposants de Barack Obama,  en novembre.  Et c’est bien ainsi que l’a comprise la base du parti républicain qui veut faire d’Obamacare le sujet central de la campagne.

Mitt Romney, qui avait du mal à mobiliser et à motiver cette base, vient de recevoir un coup de pouce de la Cour Suprême.

Contrairement à l’idée répandue en France, Obamacare ne fait pas l’unanimité aux Etats-Unis. Elle accentue l’image « socialisante » de Barack Obama. Elle étend les prérogatives du gouvernement et son ingérence dans la vie privée des citoyens. Enfin, elle restreint le « droit de choisir » des Américains. Un droit auquel ils tiennent particulièrement.





  • Hollande, Obama : même combat !

 La réélection d’Obama se jouera sur la santé de l’économie américaine. Or celle-ci n’est pas bonne. L’activité piétine, le chômage persiste. Obama blâme la crise financière européenne et en appelle à une relance de la croissance. Comme François Hollande.

François Hollande-et-Barack-Obama-

Confronté à ses homologues du G 20 dans la station balnéaire huppée de Los Cabos au Mexique, François Hollande a trouvé un allié inattendu en la personne de Barack Obama.

On savait les deux hommes « de gauche ». Le premier est« socialiste » et le revendique. Le second rejette une telle étiquette, même si bon nombre de ses électeurs la lui ont collée sur le dos…  Mais les deux hommes se rejoignent désormais sur le chemin à suivre pour sortir de la crise. Ils privilégient  la « croissance » et  en appellent tous les deux à sa relance par la dépense publique. Le premier par idéologie, le second parce qu’il joue sa réélection. 

 L’euro s’est, en effet, invité dans la campagne présidentielle américaine. Ou plutôt la crise financière européenne. Pour le président Obama, si l’économie américaine peine à redémarrer, c’est parce que l’Europe, son principal partenaire commercial, est au bord d’une nouvelle récession. 

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« Notre soucis aujourd’hui, c’est l’Europe qui affronte la menace d’une nouvelle récession, a-t-il dit…  Moins de demande à Paris et Madrid et c’est moins de commandes pour les usines de Pittsburgh ou Milwaukee…  La bonne nouvelle c’est qu’il y a une voie de sortie… Les pays européens les plus endettés doivent réformer leur fiscalité, mais ils doivent aussi promouvoir la croissance économique et la création d’emplois. »  

 Le mot est lâché. Le vrai souci de Barack Obama, c’est « l’emploi », ou plutôt, le chômage.  Après avoir baissé pendant dix-huit mois, revenant de 9,8% à 8,1% entre novembre 2010 à avril 2012, le taux de chômage  américain est reparti à la hausse. Moins de 70 000 emplois ont été créés aux Etats-Unis au mois de mai. C’est le plus mauvais chiffre depuis deux ans. De sorte quel taux de chômage se situe désormais à 8,2%. Il touche plus de vingt-trois millions d’Américains.

 De mémoire d’historien, aucun président sortant n’a été réélu avec un chômage supérieur  à 8%. Pour Obama l’enjeu est donc clair. Gagner au moins trois dixièmes de points sur le front de l’emploi, ou n’être le président que d’un seul mandat…Pour cela il lui faut trouver le moyen de relancer son économie et si l’Europe peut lui donner un coup de pouce, il ne dira pas non.

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 S’il apprécie la position de François Hollande, Obama sait que la vraie personne à convaincre, c’est Angela Merkel. Depuis le début de l’année, Obama a eu dix-huit entretiens avec la chancelière allemande, en personne, au téléphone ou en vidéo conférence. Leurs rapports sont excellents, assure la Maison Blanche. Ils s’apprécient mutuellement. Mais la dame de Berlin n’en est pas moins restée inflexible…

 Obama se bat aussi sur le front intérieur, où il se heurte à son challenger républicain,  Mitt Romney qui propose  des solutions radicalement différentes à la crise. Le 14 juin, les deux hommes étaient dans l’Ohio, pour donner, presqu’à la même heure mais dans deux villes différentes, leurs recettes de sortie de crise.

 Barack Obama, comme Harry Truman en 1948, a critiqué l’inaction du Congrès et son refus de voter son American Jobs  Act.  Refus qui a « privé un million d’Américains de travail.»  Pour lui l’Amérique souffre d’un manque d’emplois et d’investissements publics. Le pays aurait besoin de plus de policiers, de plus d’enseignants ou de pompiers, mais les administrations locales et les Etats n’ont pas les moyens de les embaucher. Le pays aurait besoin « de ponts de routes et d’écoles », mais il n’y a pas de crédits pour les financer.

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 Il en va tout autrement du « secteur privé », dit le président américain. Là, « le rythme des embauches est soutenu depuis vingt-sept mois…  Nous avons crée 4,3 millions d’emplois, dont huit cent mille depuis le début de l’année ».   Lors d’une conférence de presse, Barack Obama a même ajouté « le secteur privé se porte bien ». Remarque qui lui a valu les foudres de son challenger Mitt Romney, pour qui elle dénote une ignorance coupable des réalités.

 Car Mitt Romney ne cesse de le répéter, « les choses vont mal ». La dette cumulée est 15,7  «trillions » de dollars (un trillion = mille milliards), soit 100% du PIB. La gestion Obama est pour lui « un échec moral de proportion catastrophique ». Inversant les rôles habituels, il cite désormais les chiffres de la pauvreté qui a augmenté sous la présidence Obama.  Et pour être sûr que cela n’aille pas mieux dans les mois à venir, son conseiller Glenn Hubbard s’est fendu d’un éditorial dans la presse…allemande ! Pour convaincre Angela  Merkel de ne pas céder aux sirènes d’Obama…   

US National debt 1940-2010

 En économie,  Mitt Romney est, en effet, comme la chancelière, un adepte de la rigueur fiscale. « Dépenser chaque année mille milliards de plus qu’il n’y a dans les caisses, c’est emprunter la même route que la Grèce et à terme nous heurter au même mur… » . La solution est exactement inverse,  « limiter nos dépenses », « réduire les règlementations qui étranglent nos entreprises»  et « en revenir aux fondamentaux de l’économie américaine avec plus d’initiative privée et moins d’intrusion de l’Etat ».

 Au passage Mitt Romney rappelle « qu’il n’est pas question d’envoyer des chèques aux Européens » pour les aider à rembourser leurs dettes. Le laxisme fiscal européen n’a pas bonne presse aux Etats-Unis et sur ce terrain Romney est en phase avec une majorité de l’électorat. 

 A sa décharge, le candidat républicain consacre plus de temps dans ses discours  à critiquer Obama, qu’à proposer des solutions spécifiques. Mis à part le prolongement des allègements d’impôts décidés par George W. Bush  en 2002 et le retrait de la loi santé d’Obama (« Obamacare » dans le jargon américain), Romney n’a ni détaillé ni chiffré son programme.

romney in Ohio

Mais la méthode fonctionne. Romney  grignote du terrain sur Obama. Les projections le donnent désormais pratiquement à égalité avec le président sortant en nombre de sièges au Collège électoral, 206 contre 217, avec 115 sièges « indéterminés ».  Ceux-ci correspondent aux fameux « swing states ».  Or, un certain nombre penchent désormais nettement dans le camp républicain. Comme  la Floride, la Caroline du Nord, l’Arizona et le Missouri, tous  remportés par Obama en 2008.

  • Romney : trop riche pour être Président ?

Obama a relancé la « guerre des classes » aux Etats-Unis. Son camp attaque désormais Romney sur sa fortune, qui ferait de lui un être à part, incapable de comprendre les Américains moyens…

Mitt Romney 2

La fortune de Mitt Romney fait la une des journaux américains. Mais, il ne s’agit pas d’apprendre comment il l’a bâtie. Ni comment d’autres peuvent l’imiter et en bâtir une plus importante encore. Signe des temps, il s’agit de savoir si Romney n’est pas trop riche pour devenir président. Si sa fortune ne le distingue pas du commun des mortels américains au point de l’empêcher de le comprendre et de l’aider ?

L’attaque est venue du camp Obama et a été relayée par de savants articles dans la presse. Elle ne vise pas  seulement à dénoncer l’immense fortune accumulée par le candidat républicain, mais surtout la façon dont il l’a accumulée : en rachetant et en restructurant des sociétés grâce à sa firme de capital-risque, Bain Capital.

Ces attaques illustrent un nouveau climat outre-Atlantique. Ceux qui croyaient que les Etats-Unis sont toujours le pays de l’argent roi, se trompent. Avec la crise, l’argent est aussi devenu une cible. En avoir trop, aux yeux de certains, peut nuire.

En vérité d’autres présidents ont été bien plus riches que Romney. Et si lui s’est enrichi dans les affaires, d’autres plus récemment se sont enrichis en faisant de la… politique.  Mais pour Mitt Romney le problème reste entier. Il ne parvient toujours pas à se définir lui-même. Ni à s’ouvrir à l’électorat. Laissant cet avantage stratégique à son adversaire. 

Mitt Romney vaut 255 millions de dollars. Selon les rapports financiers qu’il a lui-même communiqués. En 2010, lui et son épouse Ann ont déclaré 42 millions de dollars de revenus et payé 6 millions d’impôts. Ils ont aussi donné 7 millions, soit un de plus, à des causes charitables, dont 4 à l’église Mormon !  En 2011 ils ont déclaré 21 millions. Parce que ces revenus sont principalement des dividendes et issus du capital, ils ne sont taxés qu’à 15%. Les revenus salariés pouvant l’être jusqu’à 35%.

Romney n’est pas né riche. Mais il a toujours vécu dans une grande aisance. Son père, George, qui lui avait connu, enfant, le plus grand dénuement, s’était hissé jusqu’à la direction de American Motors Corporation, une grande marque automobile absorbée depuis par Chrysler, avant de devenir gouverneur du Michigan.

Passé par Harvard, Mitt a rejoint un grand cabinet conseil de Boston, Bain & Company, en 1977, avant de prendre la direction d’une de ses filiales, Bain Capital. C’est en investissant dans de nouvelles compagnies, comme Staples ou Domino’s Pizza, ou en en rachetant d’autres, qu’il a accumulé une fortune considérable, en honoraires et dividendes.

George Washington

Considérable, mais pas suffisante pour en faire « le président le plus riche de l’histoire américaine s’il était élu ». Les journaux américains ont dressé la liste des fortunes  présidentielles. D’où il ressort que le plus riche d’entre eux fut le premier, George Washington. Grand propriétaire, il possédait un domaine agricole et forestier de trente mille hectares ainsi que plusieurs centaines d’esclaves, soit une fortune équivalente à plus de cinq cent millions de dollars d’aujourd’hui.

D’autres présidents ont été très riches : Thomas Jefferson, également propriétaire terrien ; Théodore Roosevelt et son neveu Franklin, héritiers d’une grande famille de Nouvelle Angleterre assis chacun sur plus d’une centaine de millions de dollars d’aujourd’hui ; John Kennedy bien sûr, dont le père Joseph avait fait fortune initialement durant la prohibition…

D’autres candidats aussi ont eu d’importantes fortunes à leur disposition.  En 2004 le démocrate John Kerry, qui a épousé en secondes noces la veuve de John Heinz, propriétaire de la marque de ketchup « Heinz », était à la tête de plusieurs centaines de millions de dollars. De même que Steve Forbes, prétendant à la nomination républicaine en 1996 et 2000 et héritier de l’empire de presse Forbes. Et surtout Ross Perot, le milliardaire texan qui avait fait chuter George H. Bush en 1992.

kennedy_family

De cette liste il ressort aussi que nombre de présidents récents n’étaient pas riches en entrant en politique, mais l’étaient devenu en sortant…Lyndon Johnson, originaire du Texas rural accumula une centaine de millions en investissant dans une station de radio. Bill Clinton, ex-gouverneur de l’Arkansas, dont on connait les origines modestes, et malgré des déboires judiciaires considérables, a amassé plusieurs dizaines de millions de dollars en « tarifant » ses discours post-présidentiels, deux cent cinquante mille dollars l’unité ! Barack Obama lui-même. Elevé par une mère divorcée, et par ses grands-parents, c’est grâce à plusieurs bourses qu’il fit ses études. Aujourd’hui il est millionnaire. En 2009 il déclara près de six millions au fisc américain, alors que le salaire présidentiel n’est que de quatre cent mille dollars…  

Le cas de Mitt Romney n’est donc ni exceptionnel, ni isolé. Mais il fait débat. Pourquoi ? Pour trois raisons.

 La première est que l’Amérique est en crise. Une crise profonde. Où les fondements mêmes du rêve américain, cette idée qu’avec du travail et de l’ambition on peut tout faire, sont menacés ! Dès lors le succès des autres est vu différemment. Ce n’est plus un modèle à émuler, c’est un symbole qui divise.

La deuxième tient à la capacité de l’équipe Obama à orienter le débat. Face à Mitt Romney le camp Obama a décidé de raviver le « class warfare », la « guerre des classes ». A peindre Romney comme « un type vivant sur une autre planète », incapable de comprendre et de répondre aux aspirations des gens ordinaires. Ses revenus, disent-il, le placent parmi le « top 1% ». Loin des autres 99% ! Cette stratégie fonctionne et son succès souligne l’incapacité de l’équipe Romney à définir son candidat.

Romney in restaurant

En politique, aux Etats-Unis comme ailleurs, le premier adage pour un candidat est de «se définir» auprès des électeurs. De projeter auprès de l’électorat l’image souhaitée. Dans ses campagnes précédentes, pour le Sénat du Massachusetts en 1994, pour la Maison Blanche en 2007, Romney avait échoué à le faire. Et en avait payé le prix. L’autre camp l’avait fait à sa place,  à son détriment. Ce problème risque de se produire à nouveau…

To be continued…

VA

15

Feb

Une Comparaison entre le Financement des Campagnes Politiques en France et aux Etats-Unis

De nos jours, les gouvernements de l’Ouest aiment utiliser les mots comme « la liberté », « la démocratie » et « l’égalité ». Ces gouvernements sont intentionnellement vagues dans les définitions de ces mots essentiellement contestés. Le citoyen normal s’est grandi avec la notion qu’il possède la liberté totale — pas seulement la liberté de la religion, de la presse, et de la parole, mais peut-être plus important, du choix. La démocratie est fondée sur la supposition que la liberté de choix est égale à la liberté totale ; donc quelques pays essayent de convaincre leurs citoyens qu’ils sont libres parce qu’ils ont le droit de voter tandis que ces pays n’assurent pas des droits basiques et élémentaires. En théorie, dans une démocratie, le peuple est souverain ; pourtant, en réalité, à cause de la population immense de toutes les démocraties modernes, le peuple ne possède guère pouvoir direct. 

Par conséquent, on doit faire confiance dans le système électoral. Mais on doit reconnaître les techniques, ouvertes et pas, qui nous dirige à un certain candidat. Yves-Marie Doublet a écrit dans sont livre « L’Argent et la Politique en France » : «Une belle définition du suffrage démocratique est qu’il ne doit obéir ni à la séduction ni à la contrainte. Nous sommes, Dieu merci, libérés de la contrainte mais englués comme Gulliver dans les bouts de ficelle de la séduction. En réalité ce que nous ne savons pas c’est impact réel qu’ont les divers moyens de séduction sur l’électeur en situation réelle de choisir un bulletin dans le secret de l’isoloir». Pour empêcher de la corruption, la France a développé un financement public des campagnes, mais il est impossible d’éviter cette corruption. Les Etats- Unis actuellement possède le même problème. Avec tant d’argent dans l’équation, est-ce que c’est possible de faire fonctionner une campagne pure ?  Même si les systèmes de financement des campagnes français et américains sont considérablement divers, la séduction des électeurs, même en utilisant la corruption, est essentielle afin de gagner l’élection.

Le système électoral français a une structure stricte  qui est bâtie sur la structure de la Constitution de 1958, la loi sur l’Election du Président de la République de 1962 (qui dit que le président de la République est élu par le suffrage universel direct). La campagne officielle est contrôlée par le Conseil Constitutionnel, la Commission Nationale de Contrôle de la Campagne Électorale (CNCCEP), et l’organisation qui dirige la diffusion — radio et télé — Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Après chaque élection, ces organismes publient un report qui inclut des suggestions pour l’année suivante. S’il y a une dispute dans une région, cette région n’est pas obligée de revoter ; le Conseil Constitutionnel a le pouvoir d’annuler tous les votes s’ils semblent soupçonneux. Peut-être la distinction la plus piquante entre l’élection française et l’élection américaine est le nombre de candidats. En France, chaque candidat doit recevoir le signature, et le soutien, de 500 parrains. Les parrains inclurent les maires, les membres de Parlement, et les représentatifs Français dans le Parlement Européen. Ce système a été critiqué, plus notamment par Jean-Marie Le Pen, qui a beaucoup de soutien populaire mais le trouve difficile de gagner les 500 signatures (en prenant l’exemple de Marine Le Pen en ce moment, qui n’arrive pas à les obtenir et qui demande l’anonymat des parrains).

CNCCEP et CSA travaillent avec la Commission nationale de contrôle des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) pour surveiller les finances des candidats et comment ils dépensent leurs argents (par exemple, CSA surveille le pourcentage des fonds que Sarkozy a dépensé sur les médias). En théorie, les campagnes sont financées publiquement, donc il existe des directives très strictes. Dans la première tournée de l’élection présidentielle, chaque candidat peut dépenser €16,166,000. Les candidats reçoivent la plupart de l’argent des individus et des parties politiques (qui peuvent faire un don de €4600 et €7500 respectivement). Si un candidat reçoit 5% des voix dans la première tournée, il peut recevoir un remboursement de €8,083,000 et l’état paie directement pour toutes les publicités télévisées (le candidat reçoit 45 minutes pour faire de la publicité sur chaque chaîne).

Ici gît la distinction de plus grande entre les deux systèmes : en France les candidats sont remboursés par l’état après la tournée et aux Etats-Unis les candidats ont le choix d’accepter les remboursements publics avant l’élection. Pourtant, la majorité des candidats américains choisissent de n’accepter pas cet argent de l’état et décident de récolter de l’argent des individus et des partis politiques. Aux Etat-Unis, les candidats sont exigés de publier toutes ces finances et donner ces reports à la Commission de l’Election Fédéral (FEC en anglais). La plupart des dons vient des individus, mais un individu ne peut pas faire un don de plus do $25,000 chaque an. Les corporations, les unions, est les étrangers sont tous interdits de faire les dons.

Préférez-vous le système français ou américains ?

Bonne journée,



VA







 

22

Jan

La fin de l'Euro ? Conversation surprise entre un Américain et un Allemand bien informés..

La scène se passe dans le bar d’un aéroport. Un Américain et un Allemand de passage ont fait connaissance et sympathisé.
- L’Américain (US):
Je suis bien heureux de vous rencontrer ! Peut-être allez-vous m’expliquer pourquoi les Allemands semblent devenus fous.
- L’Allemand (G) :
Fous ? Vous m’intriguez. Pourquoi donc ?
- US :
Nous sommes entre nous, donc parlons clair : votre aventure de l’euro aura été une folie. Votre pays est forcé de servir, de fait en tout cas, de garantie souveraine à un paquet de pays incapables de s’imposer la même discipline budgétaire et fiscale que vous… Vous êtes les premiers à payer pour l’incurie des autres membres de l’euro.
- G :
Vous nous flattez. Je vous rappelle que plusieurs pays européens sont moins endettés que nous…
- US :
Ce n’est pas à la seule dette publique que je pense. Une monnaie qui est commune à plusieurs pays indépendants n’est pas gérable. Elle encourage les dirigeants des économies faibles à financer leur croissance et leurs réélections par la dette et le déficit, comptant sur les économies fortes pour servir de garantie.
- G :
C’est bien ce que prophétisent certains des nombreux grands gourous de l’économie. Mais c’est aussi pourquoi nous nous acheminons vers une gouvernance économique des 17 pays de l’euro qui va imposer la discipline commune nécessaire…
- US :
Sans vous offenser, laissez moi rire. Votre discipline commune est un vœu pieux, et supposant même qu’elle serait respectée elle ne résoudrait rien.
- G :
Il y a dix ans, vous aviez raison. Ce qui a changé est que maintenant il n’y a pas d’autre alternative. Ou bien un pays se plie à la discipline, ou bien il risque de devoir sortir de l’euro. L’Union des Banques Suisses a évalué ce que cela couterait à un petit pays fortement endetté : de l’ordre de 40 à 50% du PNB la première année. Même pour l’Allemagne, la note serait de 20 à 25% du PNB. Nous pensons qu’avec une telle épée de Damoclès tous feront comme l’Italie. Mario Monti impose des reformes très dures que Sylvio Berlusconi ne voulait ni ne pouvait imposer. Et Monti reste bien plus populaire que son prédécesseur.
- US :
Supposons, mais malgré tout vous n’en sortirez pas ! L’économie mondiale entière est en train de ralentir. Plus chacun s’impose des restrictions budgétaires et des hausses d’impôts, plus son économie fléchit et ses ressources fiscales diminuent. C’est un serpent qui se mord la queue.
- G :
C’est en effet encore une des grandes prophéties à la mode. D’autres gourous disent que le traité de Maastricht aurait pu tenir si la dérégulation des banques et des marchés financiers, partie de votre pays en 1978-91, n’avait pas provoqué la crise financière la plus grave depuis les années 30. D’autres gourous encore – les libéraux classiques – vont plus loin. Eux disent que si, depuis en gros 1980, les Etats-Unis n’avaient pas pratiqué une politique monétaire inflationniste…
- US :
Ah, excusez-moi ! Inflationniste en quoi ?
- G :
Ces gourous-là disent que votre Fed voulant contrôler l’inflation par la seule masse monétaire, pilotée par son seul taux de base bancaire, a adopté une définition de l’inflation trop restreinte. En fait elle lui permettait de créer mécaniquement des liquidités en excès. Les administrations Reagan puis Clinton, disent-ils, en auraient profité pour fortement encourager la financiarisation de l’économie par dérégulation et titrisation, c'est-à-dire par création artificielle d’instruments financiers virtuels, permettant une croissance artificielle. Et comme toujours quand l’économie est dopée par trop de liquidités, tout le monde fut encouragé à s’endetter, et à compter sur la soi-disant croissance future pour payer sa dette…
- US :
Oui, ce fut vrai et pas seulement en Amérique, mais vous ne me répondez pas. En fait, vos mesures d’austérité…
- G :
Excusez-moi ! J’ai bien compris. Votre dogme dit que trop d’austérité va faire s’effondrer les marchés sans laisser à la sagesse suprême du marché libre le temps de rétablir les équilibres. Nous, continentaux, savons que l’économie n’est pas une science parce que les comportements humains dont les actions font tourner l’économie réelle sont imprévisibles. Nous savons aussi que libre marché, libre concurrence, etc., ne sont que des concepts idéaux que la réalité ne reflète pas. Prenez un exemple : L’Allemagne est le pays le plus compétitif du monde…
- US :
A mon tour de m’excuser ! L’Allemagne ? C’est la Chine aujourd’hui qui est la plus compétitive.
- G :
Oui parce que pour vous, être compétitif et pratiquer des bas salaires sont synonymes, encore un dogme. Le fait est que notre pays compte dans ses entreprises le plus grand nombre de leaders mondiaux par tête d’habitant (2), ce qui témoigne bien de notre compétitivité. C’est surtout grâce à notre Mittelstand, nos PME au capital privé en général détenu par l’entrepreneur, que nous le sommes. Or eux ne font pas appel au marché boursier pour se financer. L’Allemagne a moins d’entreprises cotées en bourse que la Malaisie ! Comment faisons-nous ?
- US :
Dites toujours !
- G :
Vos gourous croient que le comportement humain est rationnel, objectif, et mu par la seule recherche de l’intérêt individuel. Ils croient que la concurrence détruit fatalement ceux qui se veulent guidés par une éthique, surtout par une éthique sociale. Nous, continentaux, croyons exactement le contraire : Que c’est l’éthique qui rend compétitif. Et nous Allemands avons notre gourou, le père de l’Economie sociale de marché. Mais, à celui là, les événements ont donné constamment raison depuis 60 ans. Avec lui, nous enseignons aux entrepreneurs qu’ils doivent prendre des risques avec leur propre argent, et emprunter avec discernement ; que la richesse vient des métiers, les ‘skills’ pour vous, que l’entrepreneur entretient avec de bons salaires, de la formation, et la stabilité de l’emploi ; que le client doit être satisfait ; que le fournisseur doit être traité comme un partenaire ; que tous ceux qui travaillent pour vous dans le monde doivent être respectés dans leur dignité ; et enfin que l’épargne et les pensions de toutes les petites gens ne doivent jamais – jamais, vous m’entendez ? - être mangées par l’inflation. Et que, alors, il n’y a pas de limites à ce que l’entreprise peut accomplir. Y compris nous sortir de toutes les crises.
- US :
C’est très beau. Mais tous les efforts de vos entrepreneurs ne changeront pas le fait que la charge de vos dettes grandira mécaniquement plus vite que vos économies, et que c’est vous les Allemands qui en subirez…
C’est alors que je suis intervenu.
- A :
Excusez-moi, Messieurs, pour avoir surpris votre passionnante conversation. Me permettrez vous de vous mettre d’accord ?
Ma tête devait leur revenir, parce qu’ils m’ont écouté avec courtoisie.
- A :
Tous les gourous que vous invoquez, vivants ou morts, y compris les défunts John Maynard Keynes qui inventa la relance par l’endettement de l’Etat, Milton Friedman qui condamna celle-ci, ou le regretté Walter Eucken qui fut le père de l’Economie sociale de marché, c’est bien de lui que vous parliez, n’est ce pas, Monsieur… ?
- G :
En effet ! (J’avais l’attention de l’Allemand parce que je connaissais bien mes gourous, et de l’Américain parce qu’il ne connaissait pas Walter Eucken.)
- A :
Tous seraient d’accord que les pays de la zone euro pourraient s’en sortir si on pouvait imaginer le moteur d’une relance de l’économie qui serait réellement créatrice de richesses nouvelles, dont la valeur serait prouvée par une réaction positive des marchés ?
- US :
Bien sur, mais…
- G :
Oui si comme vous dites il y a création de richesses tangibles et non pas virtuelles, et je ne vois pas…`
- A :
Vous ne voyez pas où, dans une économie en récession, on pourrait créer des richesses qu’un marché déprimé reconnaitrait comme telles en sortant de sa poche de quoi les acheter, n’est ce pas ?
- US :
J’allais le dire ! D’autant plus que vos banques, même recapitalisées, péchant désormais par excès de prudence, ne financeront pas de tels achats.
- G :
D’ailleurs, à quelles richesses nouvelles pensez vous ?
- A :
J’y viens ! Yes, Sir, les banques seront trop prudentes, et les gourous ultralibéraux vous diront que, pour respecter les réglementations nouvelles de minimum de capitaux propres, elles contribueront en fait à réduire la masse monétaire en refusant le crédit, n’est ce pas ?
- US :
Tout à fait ! Et cette réduction de masse monétaire est déflationniste…
- A :
… et va encore amplifier la récession. Nous sommes d’accord. Donc, si je peux me servir d’une création de richesses nouvelles pour créer en même temps de la monnaie, je vais contrer l’effet déflationniste des banques pendant que je relance l’activité générale.
- G :
Vous commencez à m’intriguer. Il faut nous dire maintenant où diable sont ces richesses nouvelles.
- A :
Notre think tank à nous en a imaginé une bonne douzaine. Mais pour être simple, je ferai ma démonstration sur l’une d’elles seulement : l’habitat. Le marché de l’immobilier est le plus gros marché de tous, et sa liquidité n’est plus à démontrer. Imaginez maintenant la construction de nouveaux immeubles ou la rénovation d’immeubles existants dont la vocation est le logement bon marché, dit logement social. Il y en a dans l’UE 20 à 30 millions, et leur besoin est croissant. Et imaginez que la richesse créée soit un habitat énergétiquement neutre ou quasi-neutre.
- US :
C’est cher ! Et ces habitants-là ne sont pas solvables.
- G. Pas tous. Mais le fait est qu’aujourd’hui on sait faire de tels logements. Voyons la suite.
- A :
Ces logements sont appelés sociaux parce que leur financement échappe déjà à la prise de risque du marché financier libre. Ils sont soit directement publics, soit subventionnés, soit mutualisés pour avoir accès à des financements bonifiés. Me croirez-vous si j’affirme d’abord qu’on en manque, ensuite que tous sont fortement consommateurs d’énergie, et que le cout de l’énergie continuera à augmenter ?
Signe d’approbation.
- A :
Si chacun de ces logements pouvait être mis en vente, imaginez vous que la valeur de chaque logement serait basse ?
Approbation.
- A :
Maintenant imaginez que par le moyen d’un immense chantier de rénovation et construction neuve, investissant un à deux trilliards d’Euros sur une longue période, apportant une activité nouvelle fortement créatrice d’emplois, ces logements sont rénovés ou construits, et sont devenus énergétiquement neutres. Concevez vous qu’ils contribuent maintenant à une économie globale d’énergie, et que leur valeur théorique sur le marché a nettement augmenté ?
- G :
Oui et non. Oui, si vous jetez dehors leurs résidents actuels, et non parce que les conséquences sociales de cette mesure vont fortement amplifier la crise !
- A :
Bien sur. C’est ici que nous allons faire du Keynes et faire fonctionner la planche à billets. Un nouveau Fonds d’Investissement – nous l’appelons le FIO - dont la garantie souveraine est l’Etat, va garantir les banques qui pourront financer les travaux en prêtant 90% de la valeur du bien, sur 30 ans, à 2%. Ces banques ne seront que gestionnaires des crédits en prestataires de services, comme c’est déjà pratiqué en Allemagne pour l’assurance santé. L’Etat va mettre en vente tous les immeubles dont il est propriétaire. Ces logements sociaux deviennent donc la propriété de leurs résidents, ou de coopératives les regroupant, ou d’entrepreneurs privés s’engageant à respecter le mode de financement à travers les loyers.
- US :
Vos banques ne marcheront jamais…
- G :
Si, si elles ne prennent aucun risque. Nos compagnies d’assurance gèrent en effet l’assurance santé de cette manière. Evidemment vous ne connaissez pas cela en Amérique. Mais – se tournant vers moi – par contre je ne vois pas les entrepreneurs de l’immobilier s’intéressant à un marché dont les produits restent de valeur unitaire basse et dont le financement sur 30 ans semblera très lourd.
- A :
Cela se discute. Mais nous introduisons en même temps une réforme fiscale majeure : les entreprises sans distinction de statut ne payent plus d’impôt, parce que nous abolissons l’IS, l’impot sur les bénéfices. Nous le remplaçons par la TAN, une Taxe générale sur l’Actif Net donc sur le patrimoine, à la charge des seuls contribuables personnes physiques. Ce n’est donc plus l’entreprise qui paye l’impôt, ce sont ses actionnaires.
Silence.
- US :
Ah, si les entreprises ne payent plus d’impôt sur le revenu, vous allez évidemment intéresser les marchés boursiers…
- A :
Minute : Les marchés considérables créés par le FIO ne sont pas accessibles aux entreprises cotées sur les bourses actuelles. Nous accueillions l’épargne privée dans une nouvelle bourse, la BEVA, qui oblige ses investisseurs à conserver tout titre acheté pendant une durée nominale, ou à rétrocéder à l’entreprise cotée une part d’autant plus forte de la plus-value de cession que le délai de revente est court, bloquant donc la spéculation. En effet celle-ci pour fonctionner doit être libre de revendre instantanément, voire acheter à crédit à terme pour vendre tout de suite (short selling), etc.
- US :
Mais c’est la fin du capitalisme que vous proposez la !
- G :
Cher Monsieur, je vous rappelle que Mme. Merkel a dit elle-même que l’Allemagne n’est pas un pays capitaliste.
- A :
L’Union Européenne ne se reconnaît pas dans le capitalisme tel que l’entend Wall Street et Londres aujourd’hui. C’est bien la raison du début de divorce entre Bruxelles et Londres. En tout cas, ce que nous créons fait des pays qui l’adoptent des paradis fiscaux vertueux : fin de l’IS donc fin des dépenses déductibles, des amortissements fiscaux, fin des sociétés écrans servant à dissimuler et déplacer les profits… Nous disons que nous revenons à l’éthique de la libre entreprise : la création de richesse pour tous par l’investissement à très long terme, seuls capables de nous sortir de notre crise écologique…
- US :
C’est de la folie !
- G :
Euh… Votre groupe de réflexion a beaucoup d’idées de ce genre ?
- A :
La suppression des droits de succession et des taxes foncières ; la création d’une Allocation universelle (3) – ce que vous appelez Grundeinkommen - remplaçant une trentaine de régimes d’assistanats ; un ensemble de bio-taxes (anti-pollution, préservation des écosystèmes, sur les matières premières écosensibles, etc.) qui contribueraient à financer les charges sociales (4), soulageant ainsi les couts salariaux…
- G :
Comment s’appelle le Think Tank que vous représentez ?
- A :
Nous sommes plusieurs organismes. Je suis moi-même Président du Comité Bastille, fondé en 2005, dont les travaux depuis un an se poursuivent dans le cadre du Centre des Jeunes Dirigeants, une association de plusieurs milliers d’entrepreneurs français…
C'est un article tiré du fameux laboratoire d'idées "Le Comité de Bastille", écrit par André Teissier Du Corps.
Bises
VA

18

Jan

Hypocrisie ou aveuglement ?

Avec la critique des donneurs de leçons, on peut combiner, et non opposer, l’aveuglement et l’hypocrisie. Car en effet à force d’hypocrisie on en devient aveugle. Prenons un exemple pour mieux illustrer ces deux aspects.

Ce mardi 16 janvier, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant présente à la presse les nouveaux chiffres de la délinquance en France. On observe une augmentation de 16% des cambriolages dans les résidences principales. Le ministre dénonce pour cause je cite : “des raids menés par des personnes d’Europe centrale et orientale”.

Sans surprise, le Parti socialiste ne tarde pas à réagir en parlant de “petit couplet xénophobe”.

La réalité dénoncée par le ministre est connue et détaillée par de nombreux commissariats français et tous les regroupements de gendarmerie. Dans les quartiers des grandes agglomérations, chacun sait ce qui se passe et redoute pour son logement. Les voisins, les gens parlent entre eux, qu’ils soient de droite, de gauche, sans tabou, sans préjugés idéologiques. Ils craignent pour leur habitation et se demandent comment la protéger. La situation française en terme de sécurité des citoyens se dégrade, nous sommes face à une évidence, une réalité tangible. 

En France, nos idéologues continuent à ne pas regarder la vérité en face et à se voiler la face, se réfugier dans le déni de réalité. Ce déni est au nom de la bonne conscience humaniste et au mépris de ce que chacun sait et vit au quotidien. Vous allez me prendre pour un véritable intellectuel mais j’ai fondé cet article en me rappelant d’une théorie d’un philosophe que j’ai étudié au lycée, JP Sartre. Cette théorie était : “l’objet qui est caché à ma vue n’a aucune existence puisque je ne le vois pas …” 

Nous critiquons souvent la contenance de certains livres, notamment les livres scolaires. La bêtise tant qu’elle est dans les livres, ce n’est pas grave. Mais l’aveuglement des personnes qui ont pour vocation de gouverner ce pays, c’est beaucoup plus inquiétant, à moins que l’on ne soit dans la pure hypocrisie.

En conclusion je préfère l’aveuglement : on peut en sortir, alors que l’hypocrisie est hélas un vice incurable.

Si vous n’avez pas encore compris l’intérêt de cet article, je dénonce ici la démagogie, l’hypocrisie et la mauvaise foi de certaines politiques et des médias, qui deviennent dangereux pour la France. Nous subissons actuellement une crise financière, il faut donc s’en sortir. Si ces même personnes remportent les prochaines élections présidentielles, ce sera bien la faute des français qui auront préféré être gardés dans l’illusion plutôt que d’avoir le courage d’accepter la réalité économique et sociale et les efforts à faire pour réellement s’en sortir. 


Bises,

VA

16

Jan

Et si nous parlions d’autre chose …

usaeurope

Les hommes politiques Européens continuent à expliquer que la ligne Maginot est une très bonne idée. Grand bien leur fasse. Je ne peux malheureusement pas prédire l’avenir mais avec la faillite de certains Etats, la perte du AAA français (et donc “la prise de pouvoir” de la rigueur allemande) rien ne va aller en s’arrangeant. 

Je ne vais pas vous cacher que j’étais il y a peu de temps un grand défenseur de l’UE mais en lisant de plus en plus de livres et d’articles, en suivant l’actualité, en écoutant les économistes, mon point de vue se dégrade … Rien qu’un exemple : comment pouvons-nous faire fonctionner un système tel que l’euro avec des pays qui ont une compétitivité très différente (Allemagne/Italie) ?

Je suis fatigué et exaspéré du psychodrame Européen. Donc je vous propose de parler d’autre chose, parlons des USA. Pour mon analyse je m’appuie sur ma récente lecture : “La croissance américaine ou la main de l’Etat” d’Alain Villemeur.

Nous sommes à la veille dune révolution industrielle. Il y a 10 ans, les robots pouvaient faire concurrence au travail des hommes si ce dernier avait un coût inférieur à 50$/heure. Aujourd’hui, nous en sommes à 2$ (ce qui est inférieur au coût du travail en Chine). Le phénomène de délocalisation vers “le moins cher” va s’inverser. Les usines installées en Chine vont dons se rapatrier au plus près des centres de consommations. La balance commerciale des USA va surement devenir excédentaire.

Parallèlement, les USA sont en train d’investir massivement dans le gaz de schistes. Dans quelques années, les USA seront complètement en autosuffisance énergétique. De ce fait, elles n’auront plus à entretenir une armée aussi forte pour garantir la sécurité de leurs approvisionnements énergétiques. Ils pourront donc baisser leurs dépenses militaires, qui sont je le rappelle les plus importantes du monde (environ 690 milliards de dollars).

De plus, aujourd’hui les Etats-Unis dominent les industries du futur, celles liées à l’économie de la croissance. Sur les 100 meilleures universités du monde, plus des 3/4 sont américaines. Les européens les plus instruits fuient le vieux continent aussi vite qu’ils peuvent, tandis que les systèmes sociaux européens, les plus coûteux du monde, sont en pleine “déconfiture” et que les déséquilibres de l’euro ne peuvent être corrigés compte tenu de son Frankenstein financier.

Le XXème siècle a été le siècle américain, et il en sera de même pour le XXIème.

Je m’intéresse à beaucoup de choses et notamment aux investissements, à court ou à long terme. La conclusion est simple pour tous ceux qui veulent se prémunir contre le risque européen qui ne fait que croître : ACHETEZ DES ACTIFS US !

Merci de votre lecture,

Bises

VA

13

Jan

” Tout vient à point à qui sait attendre “

homme seul

La patience …

… a des pouvoirs étonnants qu’il faut vraiment ne pas connaître pour les ignorer. Quand dans un couple, la patience anime les deux partenaires, c’est qu’ils sont capables de dialoguer. C’est en effet l’outil indispensable pour rendre possible d’exercer la patience. Il faut que l’on sache pourquoi on doit être patient. Il faut que l’on espère un résultat, une amélioration de quelque chose ou de la situation. Dans le cas où il n’y a rien à espérer, il faut alors se donner les moyens de faire face au problème et d’apprendre à s’adapter à la situation nouvelle.

Prenons l’exemple d’un couple qui désire avoir un enfant, mais que la nature ne fait pas bien les choses et que l’un de des deux partenaires, à cause de problèmes de santé, ne peut pas avoir d’enfants. Quels vont être les solutions ? C’est la première chose à laquelle doit penser le couple. Savoir s’il existe des solutions.

Si c’est le cas, il va falloir que les partenaires se donnent la main dans l’épreuve et s’accompagnent mutuellement dans la démarche qui consistera à faire des examens de santé, à prendre des traitements et à se soutenir dans les phases d’essais pour avoir l’enfant, que ce soit par insémination ou naturellement.

Toutes ces étapes ne devront pas être le fait d’un mari ou de la femme seulement. Même si le problème ne concerne que l’un des deux partenaires. Les deux amants devront s’armer de patience et persévérer ensemble dans le travail de guérison. La patience leur donnera le courage de traverser ensemble l’épreuve, en outre, elle les fortifiera tous les deux dans ce parcours. L’amour en sera plus fortifié et lorsqu’ils seront récompensés, ils n’en seront que plus reconnaissants. Car leur enfant sera le fruit d’une longue aventure et donc de leur amour. S’ils ne peuvent pas avoir d’enfant, il faudra encore dialoguer, pour que le projet prenne une autre tournure (agréable ou non).

Voyez-vous, la patience est une construction. Elle permet d’aboutir et de chercher les solutions. Elle consolide. Elle consolide les solutions, les rapports humains et elle construit les êtres dans une démarche qu’ils ont ensemble. 

La fidélité dans leur volonté d’accomplir quelque chose en commun renforcera leur fidélité amoureuse et donc leur fidélité à leur engagement en tant que couple. 

Cette patience s’exerce dans tous les domaines de la vie de couple.

Voilà cette petite réflexion terminée. Si vous me le permettez, je vous laisse réflechir sur cette interrogation : vaut-il mieux rester fidèle sans sincérité ou demeurer sincère sans fidélité ?

Bonne réflexion,

Bises

VA

G <3

08

Jan

ROBERTO ALAGNA - “PASION”

R.A est l’un des plus grands ténors vivants de la planète. Il vient de sortir un album intitulé “Pasion”, un regroupement des chansons d’Amérique latine et espagnoles très connues comme “Piensa en mi” ou “Besame mucho” ou encore “Quizàs, quizàs, quizàs”.

Je vous conseille donc de l’acheter ou au moins de l’écouter sur les interfaces gratuites.

Bonne journée,

VA

07

Jan

Edouard : plus qu’un ami, un frère

« Que dire de plus qu’il m’a tout appris »

Edouard Sardin dit Doudou, le seul dacquois que j’aime. Moi, Victor Audouard, seul, perdu au milieu de toutes mes sœurs. Même si ma mémoire me joue parfois des tours, je me souviens très bien de nos premiers moments de délire passer ensemble. Les dimanches fous à la propriété de Saint Geours, les vacances d’étés aux Adoux (avec notre douche préférée), etc.

Mais les années passent et notre différence d’âge nous éloigne peu à peu. J’ai 12 ans, je suis jeune collégien et je cherche mes quelques poils, tu en as 17 tu es futur bachelier et barbu comme un ours. A moi les birthday garden, à toi les premières beuveries, boites de nuits, conquêtes amoureuses. Bref, les centres d’intérêts ne sont plus les mêmes à cette époque là.

Mais un beau jour, me voilà lycéen, te voilà redoublant en médecine et je me dis : « Oh mince le pauvre… Mais bon je le rattrape !! » Et là dans nos têtes se bousculent les mêmes idées : « Et on pourrait faire une collocation, la même école … »  Mais la vie en a fait autrement, pendant que tu sillonnes les bords de la garonne bordelaise, moi je vis sous les projecteurs de la Tour Eiffel la nuit. Les études nous ont à nouveau séparé mais pas dans le même sens que précédemment. L’éloignement n’est que géographique. Tu as 25 ans, j’en ai 20 et pourtant des fois j’ai bien l’impression que c’est bien moi le grand frère (non je rigole :) ). Non je ne peux pas dire ca …

Avec votre accord je décide de revenir sur la phrase d’introduction au texte : « Que dire de plus qui m’a tout appris ». J’ai beau regardé, analysé, émietté et oui tu m’as tout appris ! Enfin dans tout ce qui concerne ton champ d’application bien sur. Parfois de bons conseils, parfois de moins bons, mais pour moi le fait de savoir qu’ils venaient de toi me suffisait. Vous devez vous demander mais qu’a-t-il bien pu lui apprendre ?

Je vais vous le dire. Je me rapproche de la majorité et beaucoup de choses s’offrent à moi : l’alcool, les cigarettes, les filles, les études. Chaque question avait une réponse :

- alcool : OUI

- cigarettes : NON

- filles : OUI

- études : du mieux que tu peux

Je vous rassure les réponses étaient bien plus pertinentes. De là, commence un apprentissage approfondi, une sorte de classe préparatoire : mes premières férias, soirées endiablées, « gavages nocturnes », sessions surfs, etc. L’été 2010 sur Hossegor en mode « GRAND MENDES» était sympa, mais le plus grand reste à venir… Les moyennes de la prépa me semblaient plutôt favorables pour tenter le concours.

THE BIG SUMMER 2011 : début d’été dernier, tu m’appelles et me demandes si tu peux venir déposer ton carton E.LECLERC dans la chambre. Une semaine passe, presque deux et toujours notre Doudou présent à nos côtés à la maison. Les raisons : des moments magnifiques, la journée, le soir, la nuit. Entre surf, bronzette, bars, restos, Hossegorbynight, VIP moments, c’est un magnifique assemblage digne des plus grands crus bordelais dont tu es fan. J’ai su jouer de tes conseils, de mes expériences pour te distiller des moments inoubliables. 

Tiens ! Inoubliable… Un mot intéressant pour finir ce texte car je sais que vous en avez marre de le lire et que vous vous demandez pourquoi j’étale comme cela mes sentiments.

Car j’aime écrire et j’aime Doudou.

Bises

VA

06

Jan

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